Le jugement relatif au fait qu’un exorciseur touche, pendant la rouqya, une femme étrangère | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Mercredi 6 Safar 1442 H - 23 septembre 2020 G



Fatwa n° 1108

Catégorie : Fatwas Médicales

Le jugement relatif au fait qu’un
exorciseur touche, pendant la rouqya,
une femme étrangère

Question :

Est-il permis à l’exorciseur de toucher la tête et le menton d’une femme en mettant une chose pour ne pas la toucher directement ?

Cette permission est-elle absolue ou dictée par une nécessité, tel le besoin que la femme dévoile une de ses parties, qu’elle doit cacher, lors d’une maladie bénigne chez un médecin homme, lorsqu’une femme médecin fait défaut ?

 

Réponse :

Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh عزّ وجلّ a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

Il convient que la rouqya soit dénuée de [pratiques] déconseillées et prohibées. Or, regarder les parties à cacher est interdit par la religion, les toucher est encore plus grave dans le fait que cela entraîne un préjudice. Faire l’analogie avec la médecine des corps ne constitue pas un prétexte pour rendre permis le fait de toucher et de voir [les parties à cacher], prétendant que cela a une forte influence sur l’efficacité du traitement. Car, la médecine spirituelle – même si une part de ressemblance la relie à la médecine corporelle dans le fait qu’elle tourne autour de l’expérience pratique fondée sur une conjecture prépondérante – cependant, l’une des caractéristiques les plus importantes de la médecine corporelle est qu’elle s’appuie sur l’équilibre naturel des choses qu’Allâh a créé, et aussi sur la conception du cycle par lequel les médecins sont arrivés à connaître les bienfaits des médicaments et des nourritures, dont les effets dépendent de ces bienfaits autant en existence qu’en inexistence(1).

En somme, il est certain que la médecine des corps est basée sur un ensemble de ce qui est perceptible. Elle appartient au monde des choses visibles, celui des êtres apparents. Contrairement à la rouqya, qui consiste à traiter les maladies et les douleurs au moyen de l’invocation et de l’imploration d’Allâh عزّ وجلّ, et il en résulte des effets étonnants face auxquels les raisons sont incapables de concevoir leur essence. La rouqya fait, donc, partie de la médecine spirituelle qui appartient au monde de l’Invisible.

Il est évident que [le fait d’établir un rapport] d’analogie (Al-Qiyâs) entre le monde invisible et le monde visible est manifestement une chose erronée, étant donné que le pilier et les conditions requises de cette analogie font défaut. Et ce, du fait que la raison (Al-‘Illa) relative au monde invisible est cachée et restreinte à ce monde. En effet, parmi les conditions de la raison [sur laquelle s’établit le jugement] est qu’elle doit être une description apparente et transitive [à d’autres choses]. Et du moment que l’apparence et la transitivité manquent à cette description en l’occurrence, l’analogique ne peut être établie, alors, de façon correcte.

Le savoir parfait appartient à Allâh سبحانه وتعالى, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit Loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 20 de Radjab 1432 H,
correspondant au 22 juin2011 G.

 



(1) Moudhakkirat Ach-Chinqîtî (262).