Concernant le jugement de travailler dans un cimetière chrétien | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Dimanche 3 Safar 1442 H - 20 septembre 2020 G

Fatwa n° 302

Catégorie : Fatwas relatives au Dogme – L’alliance et le désaveu

Concernant le jugement de travailler
dans un cimetière chrétien 

Question :
Je travaille dans une pépinière. On a proposé à son propriétaire un travail dans un cimetière chrétien. Quel est le jugement relatif au fait de planter des arbres et des fleurs dans ce cimetière ? Et quel est le jugement relatif au fait de le nettoyer des mauvaises herbes qui empêchent de marcher dedans ? Qu’Allâh vous bénisse.

Réponse :
Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh a envoyé comme miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.
Cela dit :

Sache qu’il n’est pas permis de travailler dans un cimetière chrétien, ne serait-ce que pour le nettoyer, car il comporte des actes polythéistes et des infractions à la religion, comme la manifestation des croix et la surélévation des tombes. Il est authentiquement rapporté que le Prophète صلَّى اللهُ عليه وسلَّم a dit : « Ne vous introduisez pas de gens châtiés sauf en pleurant ; et si vous ne pleurez pas, n’y entrez pas. Vous ne serez pas touché par ce qui les a touchés. »(1) Et il صلَّى اللهُ عليه وسلَّم a dit : « Là où tu passes devant la tombe d’un associateur, annonce-lui le Feu. »(2) Ainsi, celui qui encourt la vengeance et le châtiment d’Allâh, comment aspirera-il à obtenir cette entraide par bienveillance et respect ? Il convient que l’entraide soit menée dans l’accomplissement des bonnes œuvres et dans la piété et non dans le péché et la transgression. Par ce genre d’union, on n’est pas à l’abri de faire comme font les associateurs et être touché par ce qui les a touchés comme châtiment, et qu’Allâh vienne à notre secours.

Il n’est pas permis, également, de planter des arbres ou de mettre des roses et des fleurs dans le cimetière ou sur les tombes plus spécialement. Ce jugement est valable pour un cimetière musulman, chrétien ou autre, car d’une part, cela n’a pas été pratiqué par les Pieux Prédécesseurs (Salaf) ; or si cette œuvre contenait un bien, ils auraient été les premiers à l’accomplir. Ibn ‘Oumar رضي الله عنهما a dit : « Toute hérésie (Bid‘a) est égarement, même si les gens la considèrent comme bonne. »(3) D’autre part, cette pratique est opposée à l’objectif légiféré derrière la visite des tombes, en l’occurrence : le rappel de la vie future et de la mort. Le Prophète a dit : « Visitez les tombes, car elles vous rappellent la mort »(4) et dans a version de Tirmidhi : « Visitez les tombes, elles vous rappellent l’au-delà »(5). De plus, cette pratique ressemble à celle des juifs et des chrétiens qui embellissent et surélèvent les tombes et conduit également à une fausse croyance, en considérant que le fait de poser des fleurs ou une palme, de planter des arbres, etc. sont profitables au défunt. Abdallah Ibn ‘Oumar رضي الله عنهما a vu une grande toile mise sur la tombe de ‘Abd Ar-Rahmân, et a dit : « Ô garçon, enlève-la, car seules ses œuvres pieuses pourront le couvrir de leur ombre. »(6)

Le savoir parfait appartient à Allâh, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 14 de Chawwal 1426 H,
correspondant au 16 novembre 2005 G.

 


(1) Rapporté par Al-Boukhârî (433) et Mouslim (2980), d’après ‘Abd Allâh Ibn ‘Oumar رضي الله عنهما.

(2) Rapporté par Ibn Mâdjah (1573), d’après Ibn ‘Oumar رضي الله عنه et ce hadith est jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans Sahîh Al-Djâmi‘ (3165).

(3) Rapporté par Al-Lâlikâ’î dans Oussôl Al-I‘tiqâd (1/21), Ibn Batta dans Al-Ibâna (2/112), Al-Bayhaqî dans Al-Madkhal (191) et Ibn Nasr dans As-Sounna (70).

(4) Rapporté par Mouslim (976).

(5) Rapporté par At-Tirmidhî (1054) ; jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans Irwâ’ Al-Ghalîl (772).

(6) Rapporté par Al-Boukhârî, sans chaine de narrateurs (mou‘allaq), dans Al-Djanâ’iz (3/222).