De la légalité de répéter les formules de la Iqâma derrière ce lui qui l’accomplit | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Lundi 20 Dhou El-Hijjah 1441 H - 10 août 2020 G

Fatwa n° 599

Catégorie : Fatwas relatives à la prière – Adhân (L’appel à la prière)

De la légalité de répéter les formules de la Iqâma
derrière ce lui qui l’accomplit

Question

Est-il permis de répéter les formules de la Iqâma ? Est-il permis à la femme de faire le Âdhân (l’appel à la prière) et la Iqâma à titre individuel ou collectif (entre femmes) ? Qu’Allâh vous récompense abondamment.

Réponse :

Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh a envoyé comme miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

Nous avons répondu à la question relative à l’Âdhân et de la Iqâma effectués par la femme(1), qui jouit du même statut juridique que l’homme, vu le hadith : « Les femmes sont les consœurs des hommes. »(2) Il est rapporté authentiquement que l’homme, qui accomplit individuellement une prière [obligatoire], doit effectuer l’Âdhân et la Iqâma, et ce, vu l’histoire du Compagnon qui a mal accompli sa prière, et auquel le Prophète صَلَّى اللهُ عليه وآله وسَلَّم ordonna de faire le Âdhân et la Iqâma(3).

Répéter les formules de la Iqâma semble être illégale, car le hadith : « Entre chaque deux Âdhân il y a une prière. »(4) est cité d’une façon où le masculin domine le féminin, comme les deux lunes (le soleil et la lune), les parents (le père et la mère). Il est courant qu’en arabe, dans un couple de noms, l’un exprime l’autre. Car la règle atteste qu’à la base, les adorations ne sont pas prescrites, à défaut de preuve.

Rien ne prouve que les Compagnons – qu’Allâh les agrée – répétaient les formules de la Iqâma, Même s’il est probable que le nom « Âdhân » englobe réellement les deux noms. Le sens lexical du mot « Âdhân » veut dire « information », quant au sens conventionnel, il veut dire : informer des horaires de la prière. La Iqâma veut dire aussi : informer [les gens] que le moment d’accomplir la prière est venu.

En somme, pour ceux qui considèrent que la Iqâma a le même statut que le Âdhân, les règles de ce dernier concernent aussi la première ; et pour ceux qui considèrent que la Iqâma n’est pas un Âdhân, mais qu’elle est citée pour montrer l’aspect dominateur [du genre masculin], ils jugent qu’il est illégal de répéter les formules de la Iqâma à défaut de preuve. Ce dernier avis me semble le plus correct.

Le savoir parfait appartient à Allâh, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 24 de Radjab 1426 H,
correspondant au 9 aout 2005 G.

 


(1) Cf. : La fatwa n° 54 intitulée : « L’appel à la prière et la Iqâma pour celui qui accomplit la prière individuellement », sur notre Site officiel.

(2) Rapporté par : Aboû Dâwoûd (236) et At-Tirmidhî (113), d’après ‘Â’icha رضي الله عنها ; jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans Sahîh Al-Djâmi‘ (2333) et dans As-Silsila As-Sahîha (2863).

(3) Rapporté par : Aboû Dâwoûd (861) et At-Tirmidhî (302), d’après Rifâ‘a ibn Râfi‘ رضي الله عنه ; jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans Sahîh Abî Dâwoûd (861).

(4) Rapporté par : Al-Boukhârî (624) et Mouslim (838),  d’après ‘Abd Allâh ibn Moughaffal Al-Mouzanî رضي الله عنه.