Le jugement concernant la validité de l’Imamat de celui qui fait des erreurs dans sa lecture du Coran | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Samedi 14 Rabî` El-'Awwal 1442 H - 31 octobre 2020 G

Fatwa n° 71

Catégorie : Fatwas relatives à la prière – La prière en groupe

Le jugement concernant la validité de l’Imamat de celui qui fait des erreurs dans sa lecture du Coran

Question :
Un homme qui ne lit pas correctement le Coran peut-il assurer la fonction d’imam ?

Réponse :
Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh a envoyé comme miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.
Cela dit :

Les quatre grandes Écoles de jurisprudence sont d’accord pour dire que ni la prière ni l’Imamat(1) de celui qui, de propos délibéré, fait des erreurs dans sa lecture du Coran de façon à altérer le sens de ses versets ne sont valides. De même, celui qui commet des erreurs, même involontaires, dans la lecture de la sourate Al-Fâtiha ne peut officier en tant qu’imam. Si, en revanche, il sait lire Al-Fâtiha correctement, mais commet des erreurs dans d’autres versets, il peut assurer l’imamat. Cela reste malgré tout indésirable du point de vue des Écoles Chaféite et Hanbalite. Pour les Malikites, un homme qui commet des fautes dans la lecture du Coran, que ce soit dans la sourate Al-Fâtiha ou dans n’importe quel autre sourate, son Imamat ne peut en aucun cas être valide. D’autres savants, par ailleurs, ne voit pas d’inconvénient à ce que celui qui fait des erreurs ailleurs que dans Al-Fâtiha préside la prière en tant qu’imam.

L’opinion la plus valable concernant cette question est que : l’Imamat de celui qui fait des erreurs qui changent le sens en lisant Al-Fâtiha n’est point valide. Le Coran constitue, en effet, une œuvre divine inimitable et dans sa forme et dans son fond. Par conséquent, commettre des erreurs qui dénaturent le sens des versets de la sourate Al-Fâtiha(2) lui fait perdre ce caractère divin inimitable. Elle cesse dès lors d’être la Parole d’Allâh. Un hadith du Prophète صلّى الله عليه وسلّم énonce que : «Point de prière valable pour celui qui ne lit pas l’Ouverture(3) du Livre.»(4) Ainsi, et du moment qu’il ne la récite pas de façon conforme à celle ordonnée par le Prophète صلّى الله عليه وسلّم, son Imamat n’est donc pas valable.

Les fautes commises dans la lecture des autres sourates du Coran sont moins graves, car le fait de lire seulement Al-Fâtiha suffit pour que la prière soit valable. La récitation de quelques versets supplémentaires n’est, selon l’avis le plus prépondérant, qu’un acte recommandable. D’autre part, si la personne commet des erreurs qui n’altèrent pas le sens des versets coraniques(5), l’opinion qui est la plus proche de la vérité, étant aussi adoptée par l’École Chaféite et l’École Hanbalite, affirme que son Imamat est religieusement jugée indésirable. Toutefois, les Malikites l’interdisent tout à fait.

La première opinion est la plus juste, car malgré l’erreur qui n’altère pas le sens, la signification du mot demeure toujours intacte. En conséquence, le devoir de lire Al-Fâtiha sans fautes est rempli. Dans ces conditions, prier isolément ou servir d’imam à d’autres fidèles sont deux actes parfaitement valides.

Le savoir parfait appartient à Allâh, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

Alger, le 25 de Cha‘bân 1426 H,
Correspondant au 29 septembre 2005 G.

 


(1) Fonction de chef de prière. (NDT).

(2) Par exemple, dire An‘amtou ou An‘amti au lieu de An‘amta.

(3) Fâtihat Al-Kitâb, c’est-à-dire la sourate (préliminaire) qui ouvre le Livre. Cette sourate porte plusieurs autres noms, parmi lesquels : Oum Al-Kitâb (la mère du Livre), ou encore As-Sab‘ Al-Mathânî (les sept versets répétés), en référence aux sept versets qui la composent. (NDT).

(4) Rapporté par Al-Boukhârî (756) et par Mouslim (394) d’après ‘Oubâda Ibn As-Sâmit رضي اللهعنه.

(5)  Comme le fait de dire Al-Hamdou lillâhou au lieu de Al-Hamdou lillâhi en lisant le verset :

﴿ٱلۡحَمۡدُ لِلَّهِ﴾ [الفاتحة: 2]

Louange à Allâh ﴿[s. Al-Fâtiha (l’Ouverture) : v. 2],

ou Ar-Rahmânar-Rahîma au lieu de Ar-Rahmânir-Rahîmien lisant le verset :

﴿ٱلرَّحۡمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ﴾ [الفاتحة: 2]

le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieu ﴿[s. Al-Fâtiha (l’Ouverture) : v. 2]