Observation concernant une erreur survenue dans la fatwa intitulée «Le fait de placer un stérilet dans l’utérus de la femme» et sa correction | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Vendredi 16 Dhou El-Qa`dah 1445 H - 24 mai 2024 G

Fatwa n° 1325

Catégorie : Fatwas médicales

Observation concernant une erreur survenue dans la fatwa intitulée « Le fait de placer un stérilet
dans l’utérus de la femme
 » et sa correction

Question :

Il a été remarqué dans le texte de la fatwa n° (1022) relative au stérilet intitulée « Le fait de placer un stérilet dans l’utérus de la femme » qu’il y a eu une inversion de la fonction de chacun des deux stérilets ; ce qui a donné à la fatwa un sens opposé. Or, ce qui est juste est l’opinion adoptée par les spécialistes en gynécologie obstétrique à savoir que c’est le stérilet hormonal qui empêche l’ovulation et la nidation, alors que le stérilet au cuivre n’empêche que la nidation ? qu’Allah vous rétribue abondamment.

 

                        -La correspondante : Médecin spécialiste en gynécologie obstétrique.

 

Réponse :

Louange à Allah, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allah عزَّ وجلَّ a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

Il est notoire que le Mufti lorsqu’il vient à délivrer une fatwa inhérente aux questions médicales et autres, requiert une conception correcte de la question qui doit être basée sur des rapports d’expertise médicale, sur des résultats de recherches approfondies ou d’études de terrain, conformément à la règle qui stipule : « Porter un jugement sur une question dépend de la conception que l’on se fait d’elle ». En effet, concernant la question posée, je m’étais basé sur le rapport d’un médecin généraliste non spécialiste en gynécologie obstétrique, toutefois doté d’une grande connaissance en la matière. Cependant, après avoir consulté la correspondance en question, il m’a paru que cette observation médicale émise est pertinente. Malgré cela, j’ai aussi consulté un autre médecin à propos de cette question. Ce dernier a exposé la question comme suit :

- « Le fonctionnement du stérilet :

- Premièrement : un fonctionnement généralement commun [stérilet hormonal et stérilet au cuivre] :

1) Empêche l’accès des spermatozoïdes, en altérant la nature du mucus présent au niveau du col ce qui rend difficile le passage de ces spermatozoïdes et réduit leur capacité à féconder l’ovule.

2) Il empêche la nidation au moyen d’un mécanisme différent, mais similaire :

-Le stérilet hormonal : provoque une atrophie de la paroi interne de l'utérus, empêchant ainsi la nidification.

-Le stérilet au cuivre : provoque une inflammation de la paroi interne de l’utérus, empêchant l’ovule fécondé de s’implanter dans l’endomètre.

- Deuxièmement : Un mécanisme propre au stérilet hormonal empêchant l’ovulation – dans certains cas et pas dans tous –. »

Sur ce, j’ai tâché de me rattraper et corriger l’erreur [survenue dans la fatwa] en jugeant prioritaire l’usage du stérilet hormonal avant le stérilet au cuivre ; tout en remerciant l’auteur de l’observation et la personne qui l’a transmise ainsi que tous ceux qui ont participé dans le bien et la propagation de la science bénéfique. Qu’Allah les rétribue abondamment.

Le résumé de la partie modifiée de la fatwa peut se présenter comme suit :

… Toutefois, si les raisons justifiant la contraception provisoire [en vue de l’espacement des naissances] sont visiblement claires et évidentes ou basées sur des rapports médicaux prouvant que la femme souffre d’une maladie ou d’une faiblesse corporelle, ou établissant que la grossesse lui portera atteinte, ou qu’elle est incapable de supporter une telle situation de sorte que la grossesse représente un danger pour elle ou une nuisance à son corps et que les pilules contraceptives sont inefficaces dans son cas, ou que ces pilules lui causent des effets secondaires et constituent un risque pour sa santé si elle les prend étant donné qu’elles ne conviennent pas à la nature de son corps(1) ; il est, alors, permis – dans de telles circonstances – d’utiliser le stérilet hormonal qui contient des hormones féminines (progestérones) et qui passe avant le stérilet au cuivre.

L’usage du stérilet hormonal est prioritaire parce que, non seulement, il est plus efficace -dans certains cas- pour empêcher initialement la fécondation de l’ovule, mais il empêche aussi la nidation de celui-ci dans l’endomètre au cas où il serait fécondé. Sachant que les deux stérilets ont la même fonction d’empêcher la nidation mais avec des mécanismes différents. En effet, le stérilet hormonal cause une atrophie au niveau de l’endomètre empêchant ainsi la nidation alors que le stérilet au cuivre cause une inflammation au niveau de l’endomètre ce qui empêche l’ovule fécondé de s’implanter dans l’endomètre afin qu’il ne continue pas son développement suivant les étapes mentionnées dans les versets(2) [révélés à ce sujet] et dans le hadith du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم(3). Ce dernier dispositif est, en fait, considéré comme un avortement ultra précoce jugé interdit par l’École Malikite et l’école Dhahirite(4) et par certains Ulémas appartenant à l’École Chaféite(5), vu qu’ils considèrent qu’une fois que l’utérus a retenu le sperme, il est interdit d’intervenir [pour interrompre le processus].

Le savoir parfait appartient à Allah سبحانه وتعالى, et notre dernière invocation est qu’Allah, Seigneur des Mondes, soit Loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 22 Djoumâdâ Al-Âkhira 1444 H,
Correspondant au 14 janvier 2023 G.

 



(1) L’utilisation des pilules est prioritaire parce qu’elles empêchent l’ovulation d’une part. D’autre part, son usage évite que la ‘Awra majeure de la femme soit vue, touchée ou autre.

(2) Le verset où Allah عزّ وجلّ dit :

﴿يَٰٓأَيُّهَا ٱلنَّاسُ إِن كُنتُمۡ فِي رَيۡبٖ مِّنَ ٱلۡبَعۡثِ فَإِنَّا خَلَقۡنَٰكُم مِّن تُرَابٖ ثُمَّ مِن نُّطۡفَةٖ ثُمَّ مِنۡ عَلَقَةٖ ثُمَّ مِن مُّضۡغَةٖ مُّخَلَّقَةٖ وَغَيۡرِ مُخَلَّقَةٖ لِّنُبَيِّنَ لَكُمۡۚ وَنُقِرُّ فِي ٱلۡأَرۡحَامِ مَا نَشَآءُ إِلَىٰٓ أَجَلٖ مُّسَمّٗى ثُمَّ نُخۡرِجُكُمۡ طِفۡلٗا[الحج: 5]

Traduction du sens du verset :

 « Ô hommes ! Si vous doutez au sujet de la Résurrection, c’est Nous qui vous avons créés de terre, puis d’une goutte de sperme, puis d’une adhérence puis d’un embryon [normalement] formé aussi bien qu’informe pour vous montrer [Notre Omnipotence] et Nous déposerons dans les matrices ce que Nous voulons jusqu’à un terme fixé. Puis Nous vous en sortirons [à l’état] de bébé » [s. Al-Hadjdj (le Pèlerinage) : v. 5], ainsi que les versets :

﴿وَلَقَدۡ خَلَقۡنَا ٱلۡإِنسَٰنَ مِن سُلَٰلَةٖ مِّن طِينٖ ١٢ ثُمَّ جَعَلۡنَٰهُ نُطۡفَةٗ فِي قَرَارٖ مَّكِينٖ ١٣ ثُمَّ خَلَقۡنَا ٱلنُّطۡفَةَ عَلَقَةٗ فَخَلَقۡنَا ٱلۡعَلَقَةَ مُضۡغَةٗ فَخَلَقۡنَا ٱلۡمُضۡغَةَ عِظَٰمٗا فَكَسَوۡنَا ٱلۡعِظَٰمَ لَحۡمٗا ثُمَّ أَنشَأۡنَٰهُ خَلۡقًا ءَاخَرَۚ فَتَبَارَكَ ٱللَّهُ أَحۡسَنُ ٱلۡخَٰلِقِينَ ١٤[المؤمنون]

Traduction du sens des versets :

« Nous avons certes créé l’homme d’un extrait d’argile, puis Nous en fîmes une goutte de sperme dans un reposoir solide. Ensuite, Nous avons fait du sperme une adhérence, et de l’adhérence, Nous avons créé un embryon ; puis de cet embryon Nous avons créé des os et Nous avons revêtu les os de chair. Ensuite, Nous l’avons transformé en une tout autre création. Gloire à Allah le Meilleur des créateurs ! » [Al-Mou’minoûn (les Croyants) : 12-13-14]

(3) Dans le hadith rapporté par l’intermédiaire d’Ibn Mas‘oûd رضي الله عنه, celui-ci dit : « Le Messager d’Allah, le très véridique, le très digne de confiance, nous a dit : “Certes, chacun de vous, lorsqu’il est créé dans le ventre de sa mère est d’abord, pendant quarante jours [une gouttelette], puis devient du sang coagulé pendant une durée similaire de temps, puis devient une bouchée de chair pendant une durée similaire de temps. Là-dessus, Allah lui envoie l’ange en lui donnant l’ordre d’accomplir quatre commandements, à savoir d’inscrire : les moyens de vivre [du nouvel être], le terme de son existence, ses actions et, enfin, son infortune ou son bonheur futur ; puis il lui insuffle l’âme. » Rapporté par Al-Boukhârî (3208) et par Mouslim (2643).

(4) École jurisprudentielle qui adopte l’interprétation littérale. (N.D.T.).

(5) Voir : Al-Mouhallâ d’Ibn Hazm (11/30), Ihyâ’ ‘Ouloûm Ad-Dîn d’Al-Ghazzâlî (2/51) et Al-Qawânîn Al-Fiqhiyya d’Ibn Djouzay (207).