Les excuses autorisant à ne pas assister à la prière du vendredi | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Samedi 12 Rabî` Eth-Thânî 1442 H - 28 novembre 2020 G

Fatwa n° 155

Catégorie : Fatwas relatives à la prière – La prière du vendredi

Les excuses autorisant
à ne pas assister à la prière du vendredi

Question :

Je travaille dans une usine, de fabrication de produits de lessive, située dans la ville de Sour Al-Ghouzlân et cette usine se trouve à six kilomètres de la ville. Ainsi, je n’entends pas le Âdhân (l’appel à la prière) du vendredi, sachant que la prière tombe dans mes horaires de travail. Et le chef de service ne m’autorise pas à sortir avant l’heure.

Je recherche, donc, le jugement de ce qui suit :

1-    Le fait de travailler le jour du vendredi.

2-    Qu’en est-il du jugement du travail qui engage à rater la prière du vendredi une fois par mois, et ce pendant quatre mois ?

3-    Est-ce que la prière du vendredi est liée au fait d’entendre l’appel [du muezzin] ?

4-    Si la réponse est qu’il faut carrément délaisser ce travail, j’aimerais vous faire savoir que cela aurait de graves conséquences, qui pourraient aller jusqu’à me faire expulser de la maison avec ma famille. Est-ce que cette mauvaise conséquence influe sur le jugement ?

5-    Si le travail pendant la prière du vendredi ne se produit qu’une fois par mois, et ce d’une façon continuelle, qu’en est-il ?

Nous aimons avoir une fatwa de votre part, qu’Allâh vous récompense en bien.

Réponse :

Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh a envoyé comme miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

Sache que parmi les conditions de l’obligation de la prière du vendredi est que l’individu qui doit s’y rendre soit exempt de toute excuse permettant de ne pas y assister. C’est le cas, par exemple :

-         D’une personne endettée qui ne trouve pas de quoi rembourser sa dette et redoute qu’on l’emprisonne.

-         De celui qui se cache pour échapper à un gouverneur injuste.

-         De celui qui est atteint d’une maladie grave qui lui rend difficile le fait de se rendre à la mosquée.

-         De quelqu’un qui craint qu’on le guette sur le chemin ou dans la mosquée et ainsi on le kidnappe ou on le tue, etc.

Plus généralement, toute personne qui craint un mal ou une nuisance compte parmi ceux qui sont excusés, mettant ainsi en pratique le hadith du Prophète a dit : « Celui qui entend l’appel à la prière et ne vient pas prier, sa prière ne sera pas valide sauf s’il a une excuse [valable].»(1) On peut également déduire du hadith que le fait d’entendre l’appel [à la prière] est une condition pour que les prières en groupe et du vendredi soient obligatoires. Ceci est appuyé par le hadith authentique : « Le vendredi incombe à toute personne qui entend l’appel. »(2)

Assister à la prière du vendredi est donc obligatoire pour celui qui habite dans la ville ou le village, de même que pour celui qui se trouve à l’extérieur s’il entend l’appel [à la prière], comme le montre le hadith précédent. Ceci comprend la situation de l’homme qui a posé la question, qui doit donc obligatoirement s’y rendre s’il entend l’appel. C’est là l’avis des chafi‘ites et de ceux qui sont d’accord avec eux. Pour considérer que l’on entend ou non l’appel [à la prière], il faut que le muezzin ait une voix portante, que les bruits soient imperceptibles, que le vent soit calme et qu’il n’y ait pas d’obstacles. Enfin, celui qui n’est pas obligé d’accomplir ni d’assister à la prière du vendredi doit la remplacer par la prière du Dhouhr.

Sache également, qu’Allâh t’accorde le succès, que le fait d’obéir à Allâh et de Le craindre est une bonne cause pour qu’Allâh accorde à Ses serviteur la subsistance et leur augmente même ses donations. Et l’une des plus importants types de piété envers Allâh, c’est d’assister à la prière en groupe à la mosquée. Allâh a dit :

﴿وَمَنْ يَتَّقِ اللهَ يَجْعَلْ لَهُ مَخْرَجًا وَيَرْزُقْهُ مِنْ حَيْثُ لاَ يَحْتَسِبُ وَمَنْ يَتَوَكَّلْ عَلَى اللهِ فَهُوَ حَسْبُهُ إِنَّ اللهَ بَالِغُ أَمْرِهِ قَدْ جَعَلَ اللهُ لِكُلِّ شَيْءٍ قَدْرًا﴾[الطلاق: 2-3]

 

Sens du verset :

Et quiconque craint Allâh, il lui accorde une issue ; il lui donne de là où il ne s’y attend pas ; et quiconque s’en remet à Allâh, il lui suffira ; certes, Allâh atteint ce qu’il se propose ; Allâh a assigné à chaque chose sa mesure﴿ [s. At-Talâq (le Divorce) : v. 2-3]

Le savoir parfait appartient à Allâh, et notre dernière invocation est qu'Allah, Seigneur des Mondes, soit loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 22 de Ramadân 1422 H,
correspondant au 1er décembre 2001 G.

 


(1) Rapporté par Ibn Madjah (793) ; jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans Irwâ’ Al-Ghalîl (2/337) et dans Sahîh At-Targhîb Wa At-Tarhîb (1/301).

(2) Rapporté par Aboû Dâwoûd (1056) ; jugé haşane (bon) par Al-Albânî dans Irwâ’ Al-Ghalîl (3/58) et dans Sahîh Al- Djâmi‘ (3112).