Le jugement porté sur le fait de travailler dans un atelier qui utiliserait de l’usure dans ses transactions | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Mardi 5 Safar 1442 H - 22 septembre 2020 G



Fatwa numéro : 114

Type : Fatwas relatives aux ventes et transactions financières

Le jugement porté sur le fait de travailler dans un atelier qui utiliserait de l’usure dans ses transactions

La question :

J’ai un ami qui travaille dans un atelier d’orfèvrerie et qui doute que le propriétaire de l’atelier ait ouvert ce dernier en utilisant de l’argent dont la source est la vente d’or à terme ; quel est alors le jugement porté sur son travail ?

La réponse :

Louange à Allah, Maître des Mondes; et paix et salut sur celui qu'Allah عزّ وجلّ a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection. Ceci dit :

Il lui est permis d’emprunter de l’or puis rendre à son propriétaire la même quantité en poids d’or, soit le prix de l’or augmente ou diminue, conformément au hadith du Prophèteصلّى اللهُ عليه وآله وسَلَّم: « Or contre or, même quantité contre même quantité» (1).

En effet, l’emprunt doit se faire à une durée déterminée, contrairement à la vente dans laquelle l’encaissement entre les deux parties doit se faire dans la même assemblée, conformément au hadith du Prophète صلّى اللهُ عليه وآله وسَلَّم dans lequel il dit : « Ne vendez de l’or contre de l’or que si l’échange se fait quantité égale contre quantité égale, et ne différez pas entre les quantités, et ne vendez pas de l’or qui n’est pas présent contre de l’or présent»(2).

L’avis de la grande majorité des savants est qu’il n’est pas permis de vendre l’or ou l’argent à terme, qu’ils soient des bijoux, bruts, gravés, plaqués ou autres, conformément au hadith du Prophète صلى اللهُ عليه وآله وسَلَّم dans lequel il dit : « Il n’y a pas usure que quand on vend à terme et on reçoit plus que ce qui est dû »(3) contrairement à l’avis d’Ibn Taymia, Ibn El-Qayyim et autres.

Sur ce, s’il s’avère que le propriétaire de l’atelier utilise une méthode interdite (par la Charia); il sera alors interdit de l’aider dans une chose illicite, conformément au verset où Allah عزّ وجلّ dit :

﴿وَتَعَاوَنُوا عَلَى الْبرِّ وَالتَّقْوَى وَلاَ تَعَاوَنُوا عَلَى الإِثْمِ وَالْعُدْوَانِ وَاتَّقُوا اللهَ إِنَّ اللهَ شَدِيدُ الْعِقَابِ﴾ [المائدة: 2].

Traduction du sens du verset :

Entraidez-vous dans l'accomplissement des bonnes oeuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est, certes, dur en punition ! ﴿ [El-Mâ'ida (La Table Servie) : 2].

Le savoir parfait appartient à Allah عزّ وجلّ, et notre dernière invocation est qu'Allah, Seigneur des Mondes, soit Loué et que paix et salut soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 19 Chawwêl 1426 H,

correspondant au 21 novembre 2005 G.

 



(1)  Rapporté par Mouslim, chapitre du « Bail à complant » (hadith 4152) par l’intermédiaire d’Abou Hourayra رضي الله عنه.

(2)  Rapporté par El-Boukhâri (4/379-380), Mouslim (6/8-10), Ahmed (3/4) et El-Bayhaqi dans « Es-Sounane El-Koubra» (5/276) par l’intermédiaire d’Abou Sa`îd El-Khoudri رضي الله عنه.

(3)  Rapporté par El-Boukhâri (4/381), Mouslim (6/25-26), En-Nassâ'i (7/231), Ibn Mâdjah (2/758) et Ahmed (5/200) par l’intermédiaire d’Oussâma Ibn Zeyd رضي الله عنه.