Les pilules contraceptives | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Mardi 8 Rabî` Eth-Thânî 1442 H - 24 novembre 2020 G



Fatwa n° 130

Catégorie : Fatwas relatives à la Famille - L'acte de mariage - Les droits conjugaux - Droits conjugaux communs

Les pilules contraceptives

Question :

Est-il permis d’utiliser les pilules contraceptives dans le cas où la mère est malade ou souffre d’une faiblesse corporelle, ou dans le cas où le logement est étroit, ou bien dans le cas où l’enfant aîné est en bas âge ?

S’il n’est pas permis de les utiliser, est-ce que la cause réside dans ces pilules, ou bien parce qu’il y a une autre méthode, ou est-ce absolument interdit ?

 

Réponse :

Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh عزّ وجلّ a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

Si des médecins dignes de confiance affirment que la grossesse et l’accouchement portent atteinte à la santé de la femme, dans ce cas, il sera permis d’espacer les naissances jusqu’à ce que le mal disparaisse conformément à ce que dit Allâh عزّ وجلّ dans le verset :

﴿وَلَا تَقۡتُلُوٓاْ أَنفُسَكُمۡۚ إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ بِكُمۡ رَحِيمٗا ٢٩[النساء]

Sens du verset :

Et ne vous tuez pas vous-mêmes. Allâh, en vérité, est Miséricordieux envers vous  ﴿ [s. An-Nişâ’ (les Femmes) : v. 29], ainsi que le verset :

﴿وَلَا تُلۡقُواْ بِأَيۡدِيكُمۡ إِلَى ٱلتَّهۡلُكَةِ[البقرة: 195]

Sens du verset :

Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction  ﴿ [s. Al-Baqara (la Vache) : v.195]

En outre, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit : « Pas de nuisance, ni à soi-même ni à autrui. »(1)

Il est permis, d’autre part, d’organiser les périodes des naissances en les espaçant l’une de l’autre et ce, en vue d’avoir de la pitié envers les enfants, et de peur que leur santé ne se détériore et que leur éducation ne soit perturbée suivant le hadith rapporté par Ahmad et Mouslim par l’intermédiaire d’Ouşâma ibn Zayd, [et dans lequel il est dit] qu’un homme était venu au Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم et lui avait dit : « Ô Messager d’Allâh, je pratique le rapport interrompu avec ma femme. » Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم lui demanda : « Pour quelle raison fais-tu cela ? » L’homme répondit : « J’éprouve de la pitié pour son enfant [ou il dit : ses enfants]. » Alors, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم lui dit : « Si cet acte causait du mal, il aurait porté atteinte aux Perses et aux Romains [car ils le font]. »(2)

De plus, le mari peut opérer l’interruption des rapports (sexuels) ou recourir à d’autres méthodes telles que l’utilisation des préservatifs ou des pilules contraceptives (pour la femme), à condition que celles-ci ne nuisent pas à sa santé et qu’elles ne soient pas un facteur qui détruit le spermatozoïde après qu’il s’est stabilisé dans l’utérus, car cela est apparemment interdit selon l’école malikite.

Du reste, il faut s’assurer, auprès des spécialistes dans ce domaine qui sont dignes de confiance, que l’utilisation de ces pilules ne causera aucune nuisance à la femme.

Le savoir parfait appartient à Allâh سبحانه وتعالى, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit Loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

 



(1) Rapporté par : Ibn Mâdjah (2340), Ahmad (22778) et Al-Bayhaqî (12224), par l’intermédiaire de ‘Oubâda Ibn As-Sâmit رضي الله عنه. Il est également rapporté par Ibn Mâdjah (2341) et par Ahmad (2865) par l’intermédiaire d’Ibn ‘Abbâs. Ce hadith est jugé authentique par Al-Albânî dans Al-Irwâ’ (896) et dans As-Silsila As-Sahîha (250).

(2) Rapporté par Mouslim (1443) et par Ahmad (21770), par l’intermédiaire d’Ouşâma ibn Zayd رضي الله عنهما.