La définition de la ‘Aqîqa | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Vendredi 27 Joumâdâ Eth-Thâniya 1441 H - 21 février 2020 G



Fatwa n° : 329

Catégorie : Fatwas relatives aux Boissons et aux Aliments - Aqîqa

La définition de la ‘Aqîqa

Question :

Quelle est la définition exacte de la ‘Aqîqa ? Est-il détesté de l’appeler ‘Aqîqa ?

Réponse :

Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh عزّ وجلّ a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

La ‘Aqîqa ou la Naşîka est le nom que l’on donne à la bête qu’on immole à l’occasion d’une naissance, le 7e jour. Cette définition est usitée pour celui qui considère licite le fait de procéder à la Naşîka avec une autre bête [que les ovins et les caprins] parmi les quatre catégories, comme les bovins et les chameaux, et cela, conformément au consensus des savants tel que rapporté par Ibn ‘Abd Al-Barr ـ رحمه الله ـ selon qui, la ‘Aqîqa n’est valable qu’avec les quatre catégories(ovins, caprins, bovins et chameaux) de bêtes à sacrifier pour l’Aïd ou l’offrande du pèlerin, à l’exception de certains avis de savants dont la divergence n’est pas prise en compte.

Concernant ce qu’a dit Mâlik ـ رحمه الله ـ : « La ‘Aqîqa est préférable même avec un oiseau », il n’a dit cela que pour exprimer l’exagération dans le strict minimum, car il a dit aussi : « La ‘Aqîqa a le même statut que l’offrande [du pèlerin] et les bêtes égorgées à l’occasion de l’Aïd.» Il est connu qu’il n’est permis pour effectuer l’offrande [du pèlerin] ou la bête égorgée [à l’occasion de l’Aïd] unique­ment les An‘âm (bestiaux) qui sont les quatre catégories (ovins, caprins, bovins et chameaux)(1).

Quand à celui qui a limité la permission du sacrifice de la ‘Aqîqa uniquement aux bêtes(2), il a défini celle-ci (la ‘Aqîqa) comme étant « la bête [ovine ou caprine] immolée au 7e jour du nouveau-né ».

Cela dit, le sens étymologique du mot arabe « ‘Aqîqa » renvoie au poil avec lequel tout nouveau-né vient au monde, soit parmi les hommes ou les animaux. Plus tard, les Arabes ont appelé la bête à immoler, au moment de la coupe des cheveux du nouveau-né, « ‘Aqîqa » conformément à leur coutume de nommer la chose selon sa cause ou ce qui s’en rapproche.

Quant à la deuxième partie de la question (Est-il détesté de l’appeler ‘Aqîqa ?), il y a des avis qui considèrent comme détesté de l’appeler ainsi, car le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم détestait l’ingratitude(3), ils l’appellent plutôt la Naşîka. D’autres avis affirment qu’il est permis de l’appeler ainsi sans que cela soit détesté, car le mot « ‘Aqîqa » est cité dans plusieurs hadiths du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم, comme rapporté par Salmân ibn ‘Âmir Ad-Dabbiy رضي الله عنه, lorsque le Messager d’Allâh صلَّى الله عليه وسلَّم avait dit, par exemple : « Pour l’enfant une ‘Aqîqa ; coulez pour lui du sang [c’est-à-dire sacrifiez] et repoussez de lui le mal.»(4) Selon Samoura رضي الله عنه, le Messager d’Allâh صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Chaque enfant est lié à sa ‘Aqîqa qui sera immolée pour lui le 7(5) ‘Â’icha رضي الله عنها a dit : « Le Messager d’Allâh صلَّى الله عليه وسلَّم nous a ordonné de faire la ‘Aqîqa : immoler une bête [ovine ou caprine] pour la fille et deux pour le garçon.»(6)

Le terme Naşîka est, également, cité en plusieurs en­droits des hadiths, par exemple lorsque le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Celui chez qui naît un nouveau-né et aimerait faire une Naşîka pour lui, qu’il la fasse.»(7) Ce qui est semblable à cela, il y a le fait d’appeler Al-‘Ichâ’ par Al-‘Atama.

Ce qui ressort de plus plausible dans cette question est qu’il est préférable de l’appeler la Naşîka de crainte d’abandonner cette appellation en plus du fait que le terme ‘Aqîqa [dans la langue arabe] sous-entend l’ingratitude. Certes, l’appeler ainsi s’oppose à ce qui est prioritaire. Cela veut dire qu’il est permis de lui donner ce nom à condi­tion de ne pas délaisser l’appellation religieuse qu’est la Naşîka, même si elle est appelée ‘Aqîqa, comme on dit aussi Al-‘Atama(8) au lieu d’Al-‘Ichâ’, et il n’y a aucun mal en cela. En fait, ce qui est détestable c’est l’abandon de son nom juridique. Et Allâh est plus le Savant.

Le savoir parfait appartient à Allâh سبحانه وتعالى, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit Loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

 



(1) Al-Istidhkâr d’Ibn ‘Abd Al-Barr (5/320-321).

(2) On y compte les ovins et les caprins, sans inclure les bovins et les chameaux. Cf. : La fatwa intitulée par « Accomplir la ‘Aqîqa avec un animal autre que la bête [ovine ou caprine] ».

(3) Dans un hadith, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم avait dit : «Je déteste l’ingratitude», rapporté par : Aboû Dâwoûd (2842), An-Naşâ’î (4212) et Ahmad (6822), d’après ‘Amr ibn Chou‘ayb d’après son père d’après son grand-père رضي الله عنه. Ce hadith est considéré comme sahîh (authentique) par Ahmad Châkir dans sa recension du Mousnad d’Ahmad (11/65) ; par Al-Albânî dans As-Sahîha (4/213) (n° 1655) et Sahîh Al-Djâmi‘ As-Saghîr (1849), Michkât Al-Masâbîh (2/1208) (n° 4156).

(4) Rapporté par Al-Boûkhârî (5471), d’après Salmân ibn ‘Âmir Adh-Dhabbiyyi رضي الله عنه.

(5) Rapporté par : Aboû Dâwoûd (2838), At-Tirmidhî (1522), An-Naşâ’î (4220) et Ibn Mâdjah (3165), d’après Samoura ibn Djoundoub رضي الله عنه. Ibn Hadjar dans Fath Al-Bârî (9/593) a dit au sujet de ce hadith : «Ses rapporteurs sont fiables.» Il est auth­entifié par Ibn Al-Moulaqqine dans Al-Badr Al-Mounîr (9/333) et Al-Albânî dans Sahîh Al-Djâmi‘ (4184).

(6) Rapporté par : At-Tirmidhî (1513), Ibn Mâdjah (3163) et Ahmad (25250), d’après ‘Â’icha رضي الله عنها, hadith authentifié par Ibn Al-Moulaqqine dans Al-Badr Al-Mounîr (9/333) et Al-Albânî dans Al-Irwâ’ (1166) et As-Sahîha (2720).

(7) Rapporté par Aboû Dâwoûd (2842) et par An-Naşâ’î (4212), d’après ‘Amr ibn Chou‘ayb d’après son père d’après son grand-père رضي الله عنه. Ce hadith est fortifié par Ibn Hadjar dans Fath Al-Bârî (9/588) et authentifié par Al-Albânî dans Sahîh Al-Djâmi‘ As-Saghîr (7630), Al-Michkât (2/4156) et considéré comme sahîh (authentique) dans As-Sahîha (4/213).

([8])Al-‘Atama : obscurité profonde. (NDT).