Le jugement concernant la résidence dans les pays mécréants en cas de besoin | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Lundi 9 Rabî` El-'Awwal 1442 H - 26 octobre 2020 G



Fatwa numéro : 759

Type : Fatwas relatives au dogme - El-Walâ' et El-Barâ'

Le jugement concernant la résidence dans les pays mécréants en cas de besoin

La question :

Une sœur a fait un acte de mariage (religieux et civil) avec un frère musulman qui est né en France et a la nationalité française. Parmi les raisons qui le retiennent là-bas : le fait qu’il prend soin de sa mère qui est malade. Ce frère lui a promis de changer sa résidence vers un pays musulman.

Est-ce qu’il est alors permis à ce frère, vu son cas, de résider dans ce pays de mécréance ? Et est-ce qu’il est permis à la sœur de l’accompagner en ayant la résolution de quitter le pays dès que ce sera possible ? Et qu’Allah vous rétribue du bien.

La réponse :

Louange à Allah, Maître des Mondes; et paix et salut sur celui qu’Allah a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Ceci dit :

Nous ne doutons point du risque que représente la résidence dans les pays mécréants pour la foi du musulman, pour ses moralités et pour sa réputation. En effet, l’avis annonçant qu’il est interdit à celui qui n’est pas en sûreté contre la tentation ou ne connaît pas sa religion ou n’est pas capable de manifester les pratiques rituelles de l’Islam d’une façon parfaite de voyager vers les pays mécréants et de résider avec les mécréants, est l’avis qui renferme plus de sûreté pour la religion du musulman et le garde de se fondre dans la société mécréante et de tomber dans son abîme périlleux et plein de corruption.

Il serait permis, dans le cas où le musulman est capable de manifester ouvertement les pratiques cultuelles de sa religion, tel que l’accomplissement de la prière, du jeûne, du pèlerinage, de la prière du vendredi et des prières en groupe, ainsi que bien d’autres pratiques de l’Islam, et dans le cas où il peut observer la croyance d’El-Walâ' et El-Barâ' (la loyauté et le désaveu) en évitant d’éprouver de la loyauté et de l’amour envers les mécréants et en éprouvant, plutôt, de la haine et de l’inimitié à leur égard et de la réprobation pour leurs actes, car le fait d’aimer les ennemis d’Allah عز وجل implique leur approbation ainsi que de les suivre et d’agréer leur acte; et évidemment, ceci contredit la croyance d’El-Walâ' et El-Barâ' qui est l’anse la plus solide de l’Islam, Allah عز وجل dit :

﴿لاَ تَجِدُ قَوْماً يُؤْمِنُونَ بِاللهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ يُوَادُّونَ مَنْ حَادَّ اللَّهَ وَرَسُولَهُ وَلَوْ كَانُوا آبَاءهُمْ أَوْ أَبْنَاءهُمْ أَوْ إِخْوَانَهُمْ أَوْ عَشِيرَتَهُمْ ﴾ [المجادلة: 22].

Traduction du sens du verset :

Tu n’en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui prennent pour amis ceux qui s’opposent à Allah et à Son Messager, fussent-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu﴿ [El-Moudjâdala (La Discussion) : 22].

Il dit عز وجل également :

﴿وَمَن يَتَوَلَّهُم مِّنكُمْ فَإِنَّهُ مِنْهُمْ ﴾ [المائدة: 51].

Traduction du sens du verset :

Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs﴿ [El-Mâ'ida (La Table Servie) : 51].

Le Prophète صلى الله عليه وآله وسلم dit : « Quiconque cherche à ressembler à un peuple en fait partie »(1). Il dit صلى الله عليه وآله وسلم aussi : « L’homme est avec celui qu’il aime »(2). De plus, le musulman qui réside dans un pays mécréant doit avoir une connaissance de sa religion de façon qu’il soit en sécurité contre la tentation et l’égarement. Donc, si ces normes sont réalisées, il lui serait permis d’y résider dans la mesure du besoin que sa mère aurait pour le soin médical; car celui qui prend soin du malade a le même statut que lui, c’est-à-dire qu’il est concerné par les mêmes jugements que lui, surtout si la personne se trouve faible et impuissante faisant face à des conditions médicales, géographiques et politiques qui l’empêchent de quitter ces pays-là.

En outre, l’épouse a le même statut que son époux car elle est reliée à lui, et comme l’annonce la règle : « Ce qui est relié à une chose prend le même statut qu’elle ». Encore, elle a droit à lui exiger, lors de l’acte du mariage, de ne pas voyager avec lui vers ces pays-là, car : « Les musulmans doivent respecter les conditions qu’ils établissent »(3).

Du reste, on doit savoir que la résidence dans les pays mécréants sans avoir une nécessité ou un besoin approuvés par la Charia est considérée comme l’un des plus grands maux et des plus grands dangers qui menacent la religion du musulman; étant donné que la résidence avec les mécréants implique leur imitation; et l’imitation des mécréants dans leurs habitudes, leurs moralités, leur comportement et leurs caractères, ajoutant à cela ce qu’ils déclarent ouvertement en ne jugeant pas selon ce qu’Allah عز وجل a révélé, ainsi que bien d’autres pratiques polythéistes; tout ceci peut mener le musulman à être comme eux, tel qu’il est déclaré par le Prophète صلى الله عليه وآله وسلم: « Quiconque s’entremêle avec un mécréant et cohabite avec lui, est certes comme lui »(4). Et même si le hadith est jugé faible par certains ulémas spécialistes de la science du hadith, son sens est correct et est pareil au sens du hadith : « Quiconque cherche à ressembler à un peuple en fait partie », ainsi que celui qui les approuve et les aime.

Ibn Taymia –رحمه الله- a dit : « Le moindre sens qu’on puisse comprendre de ce hadith est qu’il interdit d’imiter les mécréants, quoique le hadith, dans son apparence, indique que celui qui les imite devient un mécréant, comme Allah عز وجل a dit :

﴿وَمَن يَتَوَلَّهُم مِّنكُمْ فَإِنَّهُ مِنْهُمْ ﴾ [المائدة: 51].

Traduction du sens du verset :

Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs﴿ [El-Mâ'ida (La Table Servie) : 51] »(5).

Le savoir parfait appartient à Allahعز وجل, et notre dernière invocation est qu’Allah, Seigneur des Mondes, soit Loué et que paix et salut soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 26 Safar 1422 H

Correspondant au 20 mai 2001 G

 



([1]) Rapporté par Abou Dâwoûd, chapitre des « Habits », concernant l’habit de célébrité (hadith 4033) et par Ahmed (hadith 5232)par l’intermédiaire d’Ibn `Omar رضي الله عنهما. Ce hadith est jugé authentique par El-`Irâqi dans « Takhrîdj El-Ihyâ' » (1/359). Et il est jugé Hassane (bon) par Ibn Hadjar dans « Fath El-Bâri » (10/288) et par El-Albâni dans « El-Irwâ' » (1269).

([2]) Rapporté par El-Boukhâri, chapitre de « La bienséance », concernant le signe qui marque l’amour en Allah عز وجل (hadith 6169), par Mouslim, chapitre « Le bien, le lien et la bienséance », concernant le fait que l’homme est avec celui qu’il aime (hadith 2385) et par Ahmed(hadith 3790) par l’intermédiaire de `Abd Allâh Ibn Mess`oûd رضي الله عنه. Il est aussi rapporté par Et-Tirmidhi, chapitre de « L’ascétisme » (hadith 2385) et par Ahmed (hadith 12339) par l’intermédiaire de Anas رضي الله عنه. Il est également rapporté par Et-Tirmidhi, chapitre de « L’ascétisme » (hadith 2387) et par Ahmed (hadith 18579) par l’intermédiaire de Safwâne Ibn `Assâl رضي الله عنه.

([3]) Rapporté par Abou Dâwoûd, chapitre des « Sentences », concernant la réconciliation (hadith 3594), par El-Hâkim dans « El-Moustadrak » (hadith 2309) par l’intermédiaire d’Abou Hourayra رضي الله عنه.Il est aussi rapporté par Et-Tirmidhi, chapitre des « Jugements » (hadith 1352) par l’intermédiaire de `Amr Ibn `Awf رضي الله عنه. Ce hadith est jugé authentique par El-Albâni dans « El-Irwâ' » (5/142) (hadith 1303) et dans « Essilsila Es-Sahîha » (hadith 2915).

([4]) Rapporté par Abou Dâwoûd, chapitre du « Djihad », concernant la résidence dans la terre de Chirk (polythéisme) (hadith 2787) par l’intermédiaire de Samoura Ibn Djoundoub رضي الله عنه. Ce hadith est jugé Hassane (bon) par El-Albâni dans « Essilsila Es-Sahîha » (5/434) (hadith 2330).

([5]) Voir : « Iqtidhâ' Es-Sirât El-Moustaqîm » d’Ibn Taymia (1/270).