Le jugement relatif à la circoncision de la fille | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Mercredi 16 Rabî` El-'Awwal 1441 H - 13 novembre 2019 G



Fatwa n° 577

Catégorie : Fatwas relatives à la Purification - Sounane Al-Fitra (les qualités innées)

Le jugement relatif
à la circoncision de la fille

Question :

La circoncision est-elle légiférée aussi pour la femme [fille] ?

Réponse :

Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh عزّ وجلّ a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

La circoncision est préférable pour les femmes et n’est pas une obligation selon ce qu’a dit le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم à une femme qui faisait la circoncision des femmes à Médine : « Lorsque vous circoncisez [les filles], n’exagérez pas parce que cela donne plus de valeur pour la femme [chez son mari] et est préférable au mari.»(1) Et dans une autre version : « Lorsque vous circoncisez les filles, coupez légèrement et n’exagérez pas, parce que cela éclaircit plus le visage et donne plus de valeur [pour la femme] chez son mari.»(2) Et il a dit aussi : « Si les deux circoncis se rencontrent, obliga­tion est de se laver le corps [par les ablutions majeures].»(3) C’est la preuve que la circoncision des femmes était d’usage, mais cela ne se fait que dans leur enfance conformément à la charia, et c’est ce qu’on appelle « Al-Khifâd ».

Pour les savants, la question de la circoncision de la fille a fait l’objet de divergence, et si le hadith qui dit : « La circoncision est une sounna pour les hommes, et un honneur pour les femmes »(4) était juste, cela aurait tranché la ques­tion, mais ce hadith est jugé faible par Al-Albânî dans Da‘îf Al-Djâmi‘.

Toutefois, l’avis prépondérant est celui de « la préférence pour les femmes et l’obligation pour les hommes » parce que l’intérêt de cette opération pour la femme est de réduire sa sensualité, et ainsi, la recherche de la perfection, et participe à repousser le mal et la nuisance, alors qu’il s’agit, chez les hommes, de repousser le mal et la souillure à cause des urines qui restent attachées sur le prépuce, ce qui amène l’inflammation et la brûlure ou la souillure des vêtements en cas de mouvement. Or, couper le prépuce, c’est éviter une entorse religieuse qui a un rapport avec la propreté et les conditions de la prière. Sur cela, le jugement diverge entre obligation pour l’homme et préférence pour la femme.

Le savoir parfait appartient à Allâh سبحانه وتعالى, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit Loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 20 de Mouharram 1428 H
correspondant au 8 février 2007 G.

 



(1) Rapporté par : Aboû Dâwoûd (5271) et Al-Bayhaqî (17559), d’après Oum ‘Atiyya رضي الله عنها, et authentifié par Al-Albânî dans Sahîh Al-Djâmi‘ (498).

(2) Rapporté par : Al-Bayhaqî (17562) et At-Tabarânî dans Al-Mou‘djamAs-Saghîr (122), d’après Anas ibn Mâlik رضي الله عنه et authentifié par Al-Albânî dans As-Sahîha (722).

(3) Rapporté par : At-Tirmidhî (109), Ibn Mâdjah (608) et Ahmad (26025), d’après ‘Â’icha رضي الله عنها. Ibn ‘Abd Al-Barr a dit dans At-Tamhîd (30/100) : «Cette chaîne de transmission est tout à fait fiable et ne comporte aucune défaillance.» Le hadith est auth­entifié par Ibn Al-Moulaqqine dans Al-Badr Al-Mounîr (2/517) et Al-Albânî dans As-Sahîha (1261) et dans Al-Irwâ’ (80).

(4) Rapporté par Ahmad (20719), d’après Ouşâma Al-Houdhalî رضي الله عنه ; Al-Bayhaqî (17565) et At-Tabarânî dans Al-Kabîr (11590), d’après Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما. Considéré comme faible par Al-Albânî dans Da‘îf Al-Djâmi‘ As-Saghîr (2938) et dans Ad-Da‘îfa (1935). Voir ce qu’a dit Al-Hâfidh dans Al-Fath (10/341).